Courant Constructif : le mouvement qui démontre que l’humanité peut encore s’en sortir

L’humanité est aujourd’hui confrontée à une crise systémique mondiale, à la fois économique, sociale, écologique, énergétique, politique et spirituelle. Dans cette tempête de l’histoire, il n’est qu’une seule certitude : le système actuel ne peut plus continuer. Nous allons devoir en sortir d’une manière ou d’une autre. De là, une question émerge : quel sera le monde qui succèdera au monde actuel ?

 

I- NOTRE MISSION

La théorie des systèmes nous apprend qu’il n’est que deux issues possibles dans une crise systémique : ou bien le système s’effondre à un niveau de complexité antérieur, ou bien il évolue à un niveau de complexité supérieur.

Dans le premier scénario, nous aurions une dégradation progressive de l’environnement et de l’organisation sociale, jusqu’à ce que les seuils de résilience du système soient dépassés et qu’un effondrement systémique mondial se produise. L’infrastructure moderne qui, grâce à sa puissance énergétique, technologique, agricole et médicale, soutient l’existence de 7,8 milliards d’êtres humains finirait par céder sous la pression des multiples crises accumulées.  L’humanité reviendrait alors à son niveau de population d’avant la modernité, soit environ 1 milliard d’êtres humains sur terre.

Les survivants connaîtraient un retour à des modes de vie quasi-prémodernes, basés sur des technologies low-tech et des activités essentiellement liées à la survie. Une telle régression ne s’envisage évidemment pas sans violences, sans guerres, sans viols, sans vols, sans tyrannies liberticides, sans famines et sans maladies… On peut raisonnablement penser que cette option n’est guère désirable et que les survivants traverseraient des épreuves psychiques et physiques considérables. Mais, aussi choquant qu’il puisse paraître, ce scénario est celui vers lequel nous nous dirigeons dès lors que nous ne répondons pas aux enjeux du siècle.

Il existe toutefois un second scénario dans lequel l’humanité sort par le haut de cette épreuve collective. Dans ce second scénario, le système s’auto-réorganise grâce à une transition systémique mondiale. On assiste à une vague de résilience créative dans tous les secteurs de la société. L’énergie est décarbonée, l’atmosphère dépolluée, la biodiversité préservée. Un nouveau contrat social est créé pour adapter la société à la montée de l’automatisation. Une nouvelle génération de leaders conscients apparaît. De nouveaux modes d’agriculture, de nouveaux matériaux, de nouveaux modes de consommation s’inventent. De nouvelles valeurs, de nouveaux récits, de nouvelles politiques et doctrines économiques sont créées. Toutes ces innovations convergent pour former un nouveau paradigme qui se stabilise progressivement. Avant que l’équilibre ne revienne, l’humanité traverse néanmoins une tempête redoutable et connaît des pertes lourdes qui laisseront un profond traumatisme dans sa mémoire collective. Mais au bout du chemin, une nouvelle civilisation émerge, un nouvel équilibre est trouvé et l’évolution peut alors continuer.

La mission du Courant Constructif est de faire triompher ce second scénario, afin d’éviter à l’humanité le cauchemar de l’effondrement annoncé. Face à la montée du fatalisme collapsologiste et de la colère réactionnaire, il fallait un mouvement pour porter l’élan d’évolution mondial. Il fallait un mouvement pour fédérer toutes les forces constructives en présence et porter leur voix dans le monde. Il fallait un mouvement pour recenser toutes les solutions disponibles, un mouvement pour faire la synthèse de toutes ces solutions en un programme concret, réaliste et inspirant. C’est là le rôle que s’est donné le Courant Constructif.

 

II – NOTRE ACTION

À l’heure où les premiers signes de l’effondrement se font sentir, le Courant Constructif n’entend pas prôner l’optimisme mais bien l’action, le volontarisme et la mobilisation générale. Les constructifs maintiennent que les solutions sont efficaces, qu’elles peuvent être mises à l’échelle à temps et que par conséquent la crise systémique peut être résolue moyennant un effort colossal.

L’action du Courant Constructif se décline en 7 branches :

1) Valoriser les solutions :

– En les faisant connaître sur les réseaux, dans les médias, auprès des décideurs…

– En défendant la pertinence des solutions contre ceux qui les critiquent

– En rendant cette information disponible et facilement retrouvable grâce à une immense base de donnée qui répertorie toutes ces solutions (voir : lmc.today).

2) Fédérer les acteurs de l’élan constructif mondial :

– En offrant un espace de convergence pour permettre aux acteurs de changement d’oeuvrer dans un sens commun.

– En allant rencontrer et en connectant les différents acteurs de la mouvance constructive : penseurs, inventeurs, artistes, décideurs, entrepreneurs, financeurs, associatifs, citoyens volontaires…

3) Créer un programme de transition systémique efficace, réaliste et rentable :

– En faisant la synthèse des meilleures solutions dans une vision systémique cohérente et concrètement réalisable

– En veillant à ce que cette transition systémique soit économiquement viable et rentable, de sorte qu’elle puisse être propulsée par les mécanismes du marché.

4) Lutter contre les forces régressives :

– En maintenant sur les réseaux un espace 100% progressiste, orienté solutions et évolution.

– En déconstruisant les discours binaires, les fakes news et les fausses solutions populistes

– En combattant sur le terrain les populismes rouges, verts et bruns (collapso-décroissants, complotistes, réactionnaires, etc.)

5) Inspirer une mobilisation constructive mondiale dans tous les secteurs

– En propageant un grand récit constructif qui donne envie à chacun de faire sa part dans la grande transition du XXIe siècle.

– en rendant visible la vague constructive mondiale dans tous les secteurs de la société

6) Porter la voix des solutions dans l’espace médiatique et politique

– En amenant la prospective des solutions dans les débats et les élections.

– En amenant les acteurs du changement à converger pour constituer une force culturelle majeure capable de peser dans les débats et d’influer sur les politiques.

7) Réaliser la transition systémique

– En inspirant des politiques de transition volontaristes et ambitieuses, en vue d’une mise à l’échelle accélérée des solutions.

 

III – NOTRE PROGRAMME

La puissance du Courant Constructif repose sur sa connaissance fine des solutions, résultant de plus de 15 années de veille prospective. Le programme du Courant Constructif, issu de ces années de recherches, présente une solution intégrale de transition systémique parfaitement unique dans le monde. Ce programme se décompose en 5 axes principaux :

1) La transition écologique, qui rassemble le passage au 100 % renouvelable, un vaste programme de dépollution de l’atmosphère et des océans, ainsi qu’un programme de préservation de la biodiversité via la reforestation et la sanctuarisation de 30 % de la nature.

2) La transition sociétale, qui tire les conséquences de la montée de l’automatisation dans l’industrie et les services en instaurant une  économie contributiste. Cette nouvelle économie repose sur 4 piliers principaux: le revenu de base, la réduction de toutes les inégalités, un nouveau système fiscal plus adapté au XXIe siècle, ainsi qu’un nouveau système de financement de l’activité économique, plus démocratique: l’Action Mutuelle d’Investissement (A.M.I).

3) La transition technologique, soit la révolution de l’Intelligence Artificielle et des NBIC, qui ouvre sur une ère de progrès exponentiels de la connaissance et des techniques dans tous les domaines, rendant possible aussi bien l’agriculture robotisée, que l’informatique quantique, l’exploitation minière de l’espace, l’automatisation, les smart grids, l’édition génomique ou encore de nouveaux progrès de la médecine…

4) La transition agro-alimentaire, qui permettra de nourrir 7 milliards d’êtres humains sans détruire l’environnement, grâce à la transition vers l’agro-écologie robotisée, les fermes verticales, la nourriture synthétique, la pêche et l’élevage durables, la restauration des sols et la diminution radicale des pesticides.

5) La transition culturelle, qui consiste à recréer du sens et du lien, à réduire les inégalités, à accueillir les valeurs postmatérialistes naissantes, mais aussi et surtout, à sortir de l’idéologie du travail et du système de l’aliénation en créant les conditions collectives d’une libération du potentiel humain et d’un progrès multidimensionnel.

4/ NOTRE ENVIRONNEMENT

Notre équipe, composée d’un noyau de 8 bénévoles aux compétences multiples, aidé par une 30e d’adhérents, est mobilisée quotidiennement pour identifier les solutions émergentes dans le monde.

Notre base de solution, lmc.today, est alimentée chaque jour et contient déjà plus de 15000 articles référencés et classés thématiquement.

Notre site, courantconstructif.com, rassemble quantité d’articles et de vidéos expliquant les différents aspects de notre vision systémique.

 

Rejoignez-nous !

 

 

 

contact : courantconstructif@gmail.com

Imaginer le futur avec Courant Constructif

IMAGINEZ un monde où le réchauffement climatique s’est inversé et où les glaciers se reforment…

… un monde où la nature est préservée et où les animaux sont libérés de l’élevage intensif…

… un monde où la misère a disparu et où tout le monde peut manger à sa faim…

… un monde où le niveau de vie de la population continue d’augmenter…

… un monde où la vie ne se résume pas au travail par peur d’être au chômage…

… un monde où chacun peut redonner du sens à son existence…

… un monde où la science continue de progresser…

… un monde où toute la population a la capacité de se soigner…

… un monde où la finance est démocratique…

… un monde qui aide les entreprises à devenir plus efficaces au lieu de les aider à embaucher…

… un monde où, tout comme dans la nature, nos déchets sont des ressources…

… un monde qui laisse le temps à tout un chacun de développer sa propre activité et de trouver son génie…

… un monde de liberté, d’égalité, et de fraternité.

Ce monde n’est pas une utopie. Il est à portée de main. Nous avons les solutions, nous savons comment les déployer, étape par étape. Il suffit de le décider.

Mais ce monde nous échappera si l’on continue à appliquer les mêmes recettes qu’au XXème siècle. Ce monde nous échappera si nous résumons notre société à une lutte entre la foule et les puissants qui ne voudraient que nous asservir. Et ce monde nous échappera si, face aux nombreux défis devant nous et emplis de bonne volonté, nous choisissons de freiner notre évolution pour plus de sobriété.

Pour que ce monde devienne réalité, nous avons besoin de vous. Rejoignez-nous.

Nous sommes le Courant Constructif.

 

Paul-Etienne Martin, Team Courant Constructif

Effondristes VS Constructifs : la bataille de l’information (Satyavir – Université Catholique de Lille)

L’information constructive : un enjeu stratégique pour la transition du XXIe siècle. Une conférence de Satyavir, co-président du Courant Constructif, à l’Université Catholique de Lille, le 9 septembre 2020. Sur une invitation de Michel Saloff-Coste, directeur de la prospective, dans le cadre du Tour du monde des écosystèmes innovants.

 

 
L’effondrisme a induit ces dernières années une grande désorientation dans les consciences, même chez les esprits les plus engagés pour la planète. En rejetant systématiquement les solutions sous prétexte qu’elles relèveraient d’une croyance béate en la techno-science, cette pensée apocalyptique a réussi à installer dans les esprits la croyance que “tout est foutu”, que “personne ne fait rien” et que “tout le monde s’en fout”. Or, rien n’est moins vrai. Des millions de personnes sont à l’oeuvre de par le monde pour réinventer l’avenir. La recherche en matière de solutions progresse chaque semaine à grands pas. Et comme nous ne cessons de le répéter au Courant Constructif : toutes les solutions sont en réalité déjà là, il ne manque que la volonté de les mettre en oeuvre.
 
Pendant 30 ans cette volonté a été empêchée par les climato-sceptiques et les intérêts conservateurs. A présent elle est empêchée par la propagation de discours effondristes démobilisateurs. Ces discours sapent le moral des gens et sont entrain de détruire l’écologie de l’intérieur au moment où nous aurions précisément besoin d’une mobilisation générale.
 
Le Courant Constructif est le mouvement qui entend résister à cette tentation abandonniste et à ses fantasmes régressifs sous-jacents. Il est grand temps de nous réveiller et d’être à la hauteur de notre responsabilité historique. Une dynamique constructive mondiale a vu le jour au sein de l’humanité. Elle est le fait de millions de personnes, de toutes nationalités confondues, de tout genre, de tout âge, de toute catégorie sociale et de toute couleur de peau. Des millions de personnes dont les efforts convergent pour faire évoluer la société dans tous les secteurs. L’intelligence collective est bel et bien en train d’élaborer une réponse à la crise systémique de la modernité mondiale. C’est en train de se faire, en ce moment même, partout sur la planète. Il s’agit de soutenir cette dynamique de résilience créative, de la valoriser et d’y contribuer afin qu’elle puisse grandir et faire triompher la transition. Par notre mouvement, nous voulons fédérer toutes les énergies constructives présentes dans la société : scientifiques, intellectuels, entrepreneurs, artistes, médias, citoyens, spirituels engagés, hyperactifs du nouveau monde… Notre équipe comprend à présent une vingtaine de citoyens mobilisés. Nous rassemblons des intelligences, nous avançons pas à pas. A terme, le Courant Constructif est amené à devenir l’espace de rencontre et de rassemblement de tous ceux qui veulent contribuer à la grande transition du XXIe siècle. 
 
 
Nous n’abandonnerons pas les héros constructifs de ce monde, nous ne désinvestirons pas les solutions, nous les porterons, nous les valoriserons, pour qu’elles soient connues de tous, financées et enfin mises à l’échelle le plus vite possible. Nous pouvons faire cette transition, nous le pouvons! Mais il s’agit de répondre à cette situation exceptionnelle par un comportement exceptionnel. Par un héroïsme contributeur plutôt que par un défaitisme adaptatif. Sans quoi, je vous le dis, nous courons vers une dépression collective, qui précèdera des milliards de morts, car on ne s’adaptera pas à l’effondrement. Ceux qui vous laissent miroiter des utopies post-apocalyptiques sont des menteurs irresponsables.
 
Tout est encore possible. Nous pouvons dépolluer cette planète, nous pouvons régénérer sa biodiversité et transiter vers l’économie contributive du XXIe siècle qui nous fera véritablement entrer dans l’ère du potentiel humain. Mais pour cela, il va falloir repousser vigoureusement les forces régressives qui sont en train d’envahir les consciences, et porter l’évolution constructive jusqu’à ce qu’elle atteigne les instances décisionnelles.
 
 
Satyavir, pour Courant Constructif
 
 
 
 
 
 
 
 

Qui est Courant Constructif ? Que soutenons-nous ? Qu’est-ce que nous combattons ?

 
Nous sommes progressistes, humanistes… et altercapitalistes libéraux, une position que nous justifions facilement. Nous combattons fermement toute idée mortifère de décroissance. Nous combattons aussi le néolibéralisme, issu de la financiarisation de l’économie consécutive à l’acharnement à la préservation de l’emploi pour lequel on a favorisé l’entreprise et le capital au détriment du salarié. Et nous expliquons que la transition écologique implique des investissements financiers massifs, dans une industrie qui exploite l’anthropie du 20ème siècle comme une ressource naturelle, de sorte que les actes de consommation deviennent des puits de carbone. Que la bassine en plastique à deux balles pour faire la vaisselle soit à base de CO2 et plus de pétrole. Mais nous combattons aussi la surconsommation et son productivisme effréné en soutenant une vision sociétale systémique profondément intégrée et cohérente, positive à tous.
 
Pour tout cela il faut que la population soit directement impliquée dans l’économie. Que l’économie soit plus démocratique, il faut que le citoyen ait une véritable influence sur les grandes orientations politiques et économiques. Et c’est en ce sens que notre vision systémique extrêmement poussée de cette société nous projette. Le premier palier de la transition écologique, c’est la fin de l’emploi comme socle de la distribution de la création de richesse. De libérer de l’emploi le plus de gens possible va non seulement revaloriser le travail de ceux qui sont indispensables, soulagerera l’industrie de la contrainte de surproduire pour donner du travail. Donc la production pourra devenir plus qualitative, plus valorisée. Et, automatisée, la fabrication des machines induira une nouvelle industrie à très forte valeur ajoutée. Et nous nous retrouvons de surcroît avec une frange de la population susceptible de représenter une nouvelle couche productive.
 
Et c’est là que notre concept économique entre en ligne de compte. Cette nouvelle couche économique pour être productive doit bénéficier d’un environnement favorable à l’initiative. Ce qui ouvre la perspective à la société de bénéficier de la créativité et de la sensibilité du public. Ce système économique, dynamique, interactif, permet à tout un chacun de porter son propre projet en le faisant valider par le nombre qui va le soutenir ou le rejeter et ainsi choisir le devenir du paysage économique et donc politique. Ce qui fait qu’ainsi l’ensemble des acteurs bénéficie des retombées de ces actions, générant un revenu contributif qui vient s’ajouter au revenu de base indispensable pour garantir cette liberté de mouvement.
 
Et donc la société se retrouve exposée aux actions directes de la population, qui ne manquera pas de rejeter tout projet qui ne soit pas porteur d’avenir, polluant, irrespectueux des uns ou des autres, maltraitant des animaux, etc.. Nous prônons ainsi une société intégrée reposant sur un capitalisme dit “des parties prenantes”, c’est-à-dire où tous les acteurs de l’économie retirent les fruits. Par opposition à aujourd’hui où l’ouvrier travaille quand il a un boulot, subit le système quand il n’en a pas, va déposer son argent à la banque, qui l’utilise pour financer ce que bon lui semble, selon ses propres intérêts.
 
Nous avons donc une vision écologique profondément systémique, qui implique les grandes transitions : énergétique, écologique, agroécologique, mais aussi industrielle, sociétale, financière, économique. Et il n’y a rien d’utopique, tout est spécifiquement pensé pour être plausible en prenant en considération toutes les grandes évolutions futures, comme la transversalisation de la production, grâce à l’imprimante 3D ou les fablabs, qui vont compromettre les outils de production du grand capital, puisque un bouton de gazinière fabriqué chez soi ne l’est plus dans une usine, induisant une attrition du coût marginal de production, amenant de nouveaux paradigmes dans l’avenir que nous aurons permis d’atteindre par notre vision évoluée de la société contemporaine et que nos suivants pourront alors aménager. Notre devoir aujourd’hui est de préparer la société à ce changement, sans chercher à tout bouleverser, faire autant que possible, pas plus que nécessaire, mais que ce soit à l’échelle de l’urgence climatique et sociale.
 
Thierry Curty, designer sociétal, pour Courant Constructif

Courant Constructif n’est pas contre :

L’emploi ! Courant Constructif est contre l’acharnement à créer de l’emploi de plus en plus mauvaise qualité et peu gratifiant au détriment de la possibilité pour les gens de contribuer dynamiquement à la société au lieu de gâcher leur vie au boulot. Mais nous soutenons évidemment l’emploi de bonne qualité, avec une fonction utile, bien rémunéré, avec des perspectives de développement personnel, librement consenti. Mais nous soutenons aussi l’économie du 21ème siècle, avec une nouvelle couche productive, vivant du revenu contributif dans une économie plus interactive, plus démocratique, plus écologique, plus collaborative, reposant sur l’intelligence collective.

Le nucléaire ! Courant Constructif est contre les pro-nucléaire. Le nucléaire est incontournable dans la transition énergétique, parce qu’il a des qualités évidentes. Même s’il est bien plus générateur de CO2 que ce que prétend la propagande que le lobby est parvenu à imposer, il reste une énergie faiblement carbonée. Le danger peut être relativement bien maîtrisé et les déchets pourront être résolus dans l’avenir. Certains pays n’ont pas d’autre choix que de construire de nouvelles centrales, comme la Chine, dont la dépendance au charbon est telle que la seule solution possible pour s’en désintoxiquer est le nucléaire, qui est la seule énergie à pouvoir fournir rapidement une densité d’énergie suffisante pour réduire sa dépendance au charbon. Mais la Chine ne croit pas au nucléaire sous cette forme, elle met tout ce qu’elle a dans la fusion et les énergies renouvelables. Et en France, le nucléaire est là, il faut faire avec, c’est une opportunité, mais à condition de ne pas construire de nouvelles centrales et d’arrêter l’existant au fur et à mesure du déploiement des énergies renouvelables. Et, surtout, ne pas l’utiliser pour produire de l’hydrogène, qui n’apporte rien.

Le train ! Courant Constructif est contre les anti-avions. L’avion est le socle du transport aérien qui représente l’avenir, alors que le train est obsolète. Dans l’avenir l’avion tel que nous le concevons va considérablement évoluer. Il va être remplacé sur les distances de moins de 1500 km par des drones de transport collectif, qui ne nécessitent pas d’aéroports. Pour les distances moyennes il sera électrique et pour les longues distances, il sera hybride ou à hydrogène avant d’être un jour électrique. A ce moment-là l’avion sera neutre en carbone avant même de devenir potentiellement négatif. Le train, lui, aura toujours ses nuisances, il sera toujours aussi onéreux, et comme il ne peut que difficilement évoluer technologiquement, il sera alors le moyen de transport le plus émetteur. Tellement de moyens de transports différents, plus pratiques, moins chers, plus funs, auront vu le jour que plus personne ne le prendra. Mais ça ne signifie pas qu’il disparaîtra comme par magie. Il faudra trente ans à l’humanité pour accepter l’idée qu’il est obsolète. Encore vingt ans pour qu’elle décide de l’abandonner. Puis encore trente ans pour le faire. Et la fin ne subsisteront plus que les grandes lignes traditionnelles, parce que pour le fret on ,ne sera pas près de faire mieux de sitôt.

Les économies d’énergie ! Courant Constructif n’est évidemment pas contre les économies d’énergie. L’efficacité énergétique, c’est très bien. Mais il est absurde d’en faire le fer de lance de la transition écologique alors que la transition c’est de changer d’énergie et de consommer de plus en plus d’énergie plutôt que de la matière, pas de l’économiser. L’efficacité énergétique est un des paramètres de la transition énergétique, plus nous serons efficients, plus nous pourrons réduire la consommation de ressource et ainsi transférer nos besoins sur l’énergie. Ce qui est absurde c’est de s’acharner à réduire la consommation d’énergie au détriment du changement d’énergie qui est l’un des piliers de la transition écologique. Isoler les logements c’est très bien, mais à condition de ne pas le faire de manière hystérique à marche forcée en gaspillant un pognon de dingue pour faire tourner à fond les usines de production d’isolants ou de fenêtres en plastique en produisant massivement de l’hydrogène avec du nucléaire histoire de faire bon poids.

Les productions locales ! Courant Constructif aime le local, que ce soit en agriculture ou industrie ou société civile. Mais c’est à condition que les productions industrielles locales soient rentables et dignes de notre niveau de développement économique. Si ce n’est pas le cas elles doivent être délocalisées chez des émergents pour les développer et ainsi enrichir nos futurs clients, en plus de tirer vers le haut toute l’humanité. Et que la production locale agricole ne soit pas à un niveau tel qu’en cas de pénurie une mauvaise année le territoire concerné se retrouve à connaître la disette. Il faut être conscient de l’intérêt de la mondialisation agricole qui garantit à tous ceux qui y contribuent d’avoir leur part, même s’il y a une mauvaise année ici ou là. En fait, Courant Constructif aime tellement le local que nous portons même une solution de mondialisation agricole reposant sur la blockchain plutôt que la standardisation variétale et la centralisation de la production dans de gigantesques coopératives. Un système qui permet à la fois de bénéficier de la mondialisation agricole et de consommer local une meilleure qualité en garantissant une plus grande diversité variétale.

La mobilité douce ! Courant Constructif est très favorable à la mobilité douce. Nous soutenons la fin de la voiture en centre-ville, le vélo et ses pistes cyclables, les zones piétonnes, tout ça. Mais c’est en restant conscients que l’avenir n’est pas aux transports en commun, mais au petit collectif et au transport individuel. L’avenir est à l’automobile, partagée ou non, en transport collectif ou non, mais non, l’avenir n’est ni dans le bus, ni dans le tram, ni dans le train. Dans trente ans nous aurons des bus volants de 15 places nous permettant de faire Paris-Münich, Toulouse-Lille ou Bordeaux-Francfort comme aujourd’hui nous faisons Roissy CDG-Gare de Lyon en bus. Nous allons abolir la distance interurbaine comme nous avons raccourci continuellement les distances depuis le 19ème siècle. Il faudra vous y faire, mais un jour viendra où aller sur Mars sera aussi facile qu’au 19ème siècle aller à la ville voisine. Et tout ça proprement, évidemment. Nous irons de plus en plus loin, de plus en plus souvent, de plus en plus confortablement et de plus en plus proprement.

Les éco-communautés, le partage, la solidarité, la vie bucolique ! Courant Constructif rêve de tout ça et certains qui le portent sont même de véritables hippies. C’est juste que nous sommes conscients que la société de l’avenir n’est pas des éco-communautés solidaires dans la nature à déboiser pour cuisiner et se chauffer au bois. L’avenir est à la restauration de la nature et de la biodiversité, ce qui induit des sciences très avancées. A la décarbonation, ce qui induit une très puissante industrie. Un nettoyage de l’environnement, ce qui induit un déploiement massif de très hautes technologies. A l’interculturalité induite par le raccourcissement des distances, de voyager plus apprend à connaître l’autre et à l’accepter et ça, ça apporte la paix. Le repli sur soi, sur sa communauté, son territoire, sa nation, induit la jalousie, la crainte de l’autre, l’esprit de conservation et donc la défiance. L’ouverture, le libre-échange, c’est la paix. Le nationalisme, le protectionnisme, c’est la guerre. Vous voulez vivre en éco-communauté solidaire bucolique ? Faites-le, c’est génial, une belle vie, agréable, tranquille, paisible, Courant Constructif vous y encourage. Mais ne perdez pas de vue que l’avenir n’est pas fait de ce modèle décroissant qui compromettrait la transition écologique qui nécessite des moyens puissants et donc des investissements colossaux reposant sur une connaissance issue de la formidable croissance du 20ème siècle.

Le petit commerce ! Courant Constructif n’est pas pour la grande distribution. Ce que nous attaquons c’est le modèle du petit commerce de centre-ville pour s’approvisionner et qui de toute façon sera inatteignable une fois que la voiture sera sortie des centre-ville. Faire ses courses en ville à pied, à vélo ou en transports en commun n’a rien de pertinent. Et imaginez les milliers de camions qui aujourd’hui alimentent les supermarchés en centre-ville pour alimenter les commerces. Courant Constructif est pour la fin des supermarchés qui hérissent les campagnes et un système de distribution du 21ème siècle. Les petits commerces en ville ne vendent plus rien, ils présentent les produits, qui ensuite sont livrés à domicile par des drones depuis de grands centres logistiques. Moins de supermarchés, pas besoin de véhicule pour aller faire ses courses, les centre-ville sont redynamisés et on y trouve tout ce qu’on veut puisque les commerces peuvent proposer plus de produits vu qu’ils n’ont pas besoin de stocker.

Les communs ! Courant Constructif adore les communs. Mais à condition qu’ils ne soient pas la règle, qu’ils ne soient pas une contrainte, qu’ils relèvent d’un choix démocratique local. Qu’ils ne compremettent pas le développement économique ou financier. Qu’une municipalité décide de racheter tous les terrains agricoles alentours pour les gérer démocratiquement ou qu’elle veuille gérer son eau elle-même, nous l’encourageons, c’est nos objectifs. Mais c’est à condition que ça n’entre pas en confrontation avec l’individualité, la propriété, l’investissement. Courant Constructif est adepte de la décentralisation, les décisions de l’Etat ne peuvent être compatibles comme par magie avec chaque territoire que seule sa population connaît et comprend. Nous soutenons une interaction territoriale forte et nous avons une vision très claire de tout ceci. La clé restant la conscience des choses et de permettre l’autodétermination sans compromettre le développement national et au-delà.

Le 20ème siècle ! Courant Constructif adore le 20ème siècle, qui a élevé l’humain comme jamais. La violence a reculé, la qualité de vie pour une fraction grandissante de la population a atteint un niveau unique dans l’Histoire. La maladie a reculé, l’espérance de vie a progressé, la cognition a littéralement explosé, apportant une connaissance incroyable faisant que des milliers de choses triviales aujourd’hui relevaient de la pure science-fiction il y a seulement quelques décennies. Au point que l’Humanité s’apprête à changer de civilisation. Nous ne sommes pas à la fin du monde, mais à la fin d’un monde. Ce n’est pas la fin de l’aventure humaine, c’est son début. Nous sommes la fin de la préhistoire de la civilisation, comme Néandertal a été la fin de la Préhistoire de l’Humanité. C’est maintenant que l’aventure humaine commence. C’est maintenant que l’Humanité a enfin acquis la connaissance nécessaire pour se soustraire progressivement à la contrainte de la ressource. Alors non, Courant Constructif n’est pas contre le 20ème siècle, nous sommes juste conscients que nous sommes au 21ème siècle.

 
Pour Courant Constructif, l’intelligence gagne toujours à la fin !
 
Thierry Curty

L’Action Mutuelle d’Investissement (AMI), un concept complémentaire au Revenu De Base

L’attrition de l’emploi salarié suscitée par les progrès de l’Intelligence Artificielle et de la robotique rendent le Revenu De Base de plus en plus nécessaire et urgent. Mais pour passer d’une société de travailleurs salariés à une société de contributeurs actifs, le Revenu De Base ne suffit pas. Pour que les idées contenues dans la nouvelle couche économique constituée par la population émancipée du travail puissent se matérialiser, encore faut-il qu’elles puissent trouver financement. Le Revenu De Base ne permet d’assurer que la couverture des besoins de base et la libération du temps nécessaire au développement de projets, mais il ne suffit pas à apporter le capital nécessaire à la concrétisation de ces projets. Il s’agirait donc de créer un environnement économique porteur pour les futurs contributeurs qui auront besoin de financements afin de concrétiser leur activité et ainsi enrichir la société. C’est là qu’intervient l’AMI, plateforme de financement participatif mettant en lien les porteurs de projets, les citoyens et les banques.

Le concept de l’AMI, inventé par Thierry Curty, est le socle à partir duquel nous pourrions véritablement basculer vers une société contributiste. S’il est faux de penser qu’en l’absence d’obligation de travailler les individus se comporteraient comme des oisifs assistés et passifs, encore faut-il créer l’environnement économique qui  soutiendra et favorisera l’innovation post-salariale. A cet égard l’AMI apparaît comme le complément nécessaire au Revenu De Base. Le Revenu De Base donne le temps, l’AMI donne le financement. La conjonction de ces deux ressources, temps et argent, libèrera l’humanité de l’aliénation et lui permettra de s’élever vers le stade suivant de l’économie, une économie de l’épanouissement dans la contribution, l’économie du Potentiel Humain.

  

Présentation de l’Action Mutuelle d’Investissement (AMI), avec Satyavir et John Maison, porte-paroles du Courant Constructif.

 

Pour aller plus loin:

L’Action Mutuelle d’Investissement, le pilier de l’économie du XXIème siècle 

L’économie de l’avenir

Ce n’est pas la morale qui sauvera le monde mais la créativité

De plus en plus de gens pensent que l’écologie a échoué et qu’il est temps à présent de se préparer à l’effondrement. Le Courant Constructif s’oppose à un tel diagnostic. Ce n’est pas l’écologie qui a échoué mais une certaine écologie, l’écologie morale, qui en appelle à polluer moins par auto-restriction individuelle et décroissance collective. Mais il est une autre écologie, l’écologie créative, qui, elle, est en train de faire ses preuves en apportant toujours plus de solutions et en améliorant sans cesse celles qui sont déjà présentes. Il est grand temps que cette écologie créative, aussi silencieuse que travailleuse, vienne à l’avant plan et fasse parler d’elle. Il s’agit d’opérer un changement de paradigme écologique et de redéfinir le sens de l’action et de la pensée écologiste dans un tout nouveau sens. 

I – La culpabilité comme fondement de la pensée écologiste et le choix de l’écologie morale

L’écologie est rongée par la culpabilité. La culpabilité d’un homme traditionnel présent en chacun de nous, qui s’en veut d’avoir perturbé l’ordre sacré du monde et se punit en s’auto-restreignant afin de se donner bonne conscience et d’expier ses fautes. Cette culpabilité fait entrer l’écologie dans une logique régressive qui va de la critique du capitalisme et de la société de consommation à l’apologie de la décroissance et de l’autonomie traditionnelle. Comme si l’avoir nuisait à l’être, comme si la consommation était un mal, comme si la sagesse était de s’auto-limiter pour ne satisfaire qu’à ses besoins élémentaires. Seulement voilà, l’homme n’est pas un être de besoin, c’est un être de désir et son désir est infini. C’est ce désir infini qui le pousse à créer. C’est lui qui met en action toute son évolution. C’est encore lui qui se cache derrière le progrès : dans le désir de mobilité, dans le désir de confort,  dans le désir de communiquer, dans le désir de bien manger, de s’informer, d’écouter de la musique, de voler et d’aller conquérir l’espace… Sans le désir de l’homme, aucune des évolutions apportées par la modernité n’auraient eu lieu. Et l’on voudrait rendre coupable ce désir qui nous a porté si loin ?

Il est une autre sagesse pour l’écologie que ce moralisme flagellateur qui fait de chaque consommateur un coupable schizophrène. Car il est deux sagesses en l’homme, celle de la morale et celle de la créativité. La première est incarnée par le sage traditionnel qui invite au renoncement, à l’ascèse, à la mesure, au célibat, à la vertu, au dépouillement et au détachement des plaisirs de ce monde. Depuis la nuit des temps les hommes érigent ce genre de sage sur un piédestal tout en se gardant bien de leur ressembler (surtout en ce qui concerne les plaisirs charnels). Car pour atteindre une telle auto-limitation, il faut un esprit sacrificiel et un ressentiment à l’égard de ce monde et de la vie que le commun des mortels n’a généralement pas.

On croyait cette vieille culpabilité judéo-chrétienne disparue avec la mort de Dieu, l’essor du consumérisme et la révolution morale du libéralisme. Mais voici qu’elle ressurgit de plus belle, ressuscitée par l’écologie. Avec la crise écologique, l’homme redevient pécheur, non plus, cette fois, envers Dieu mais envers la nature. La tentation de l’expiation du péché par auto-restriction morale réapparaît. A quoi bon demeurer fidèle à la fable des abeilles quand les abeilles disparaissent ? De nouveaux moralistes émergent pour prôner par l’exemple la morale de l’auto-restriction. De Pierre Rabhi et sa sobriété heureuse à Greta Thunberg et son refus de prendre l’avion, les éco-moralistes ont le vent en poupe. Comme toujours l’humanité les hisse sur un piédestal de perfection morale, tout en se gardant bien de les imiter. Les médias les adorent. Leur discours survalorisé parvient à réveiller la fibre morale de certaines personnes, mais l’humanité étant ce qu’elle est, l’appel à la morale ne saurait produire en elle un changement massif. La plupart des gens se contentent d’écouter ces éco-moralistes avec admiration, sont émus par le spectacle de leurs actions exemplaires, et continuent leur vie sans y changer grand-chose, trop préoccupés qu’ils sont par leurs problèmes personnels, ou trop prisonniers des rouages d’un système dont ils ne peuvent se libérer.

II – L’échec de l’écologie morale et la montée de l’effondrisme

Aussi observera-t-on qu’il n’est jamais question de créativité dans le discours de ces nouveaux prêcheurs. La morale, comme moteur de l’écologie, ne saurait produire autre chose qu’une injonction à polluer moins par auto-restriction. Faire moins la même chose, par la force de notre motivation morale et le déploiement de système punitifs, voilà tout ce que peut la sagesse morale en matière de solutions.  Car la morale est dépourvue de créativité. La créativité et la morale sont deux états d’esprit radicalement opposés. La morale veut poser des limites, la créativité veut les dépasser. La morale veut empêcher, la créativité veut rendre possible. La morale appelle l’homme à la soumission (à Dieu, à la nature), la créativité invite l’homme à avoir confiance en lui-même et à rayonner sa puissance. La morale réclame des interdits, la créativité a besoin de liberté pour pouvoir se déployer. La morale se veut rigide, la créativité implique un certain lâcher-prise et une connexion aux impulsions de la vie en nous pour libérer l’intuition et atteindre l’état de flow.

Faute de créativité, le moraliste ne peut envisager autre chose comme solution que d’user de sa force morale pour faire moins la même chose : rouler moins, manger moins, acheter moins, voyager moins, moins faire d’enfants, moins prendre l’avion, moins utiliser internet, moins, moins, moins. Le détournement de l’écologie par le moralisme religieux traditionnel débouche donc sur un paradigme du polluer-moins, qui conduit à son tour à la décroissance et, par échec moral de l’humanité, de la décroissance à la collapsologie.

Le problème de cette écologie moraliste, c’est qu’elle nous condamne à attendre que chaque individu devienne vertueux pour que le problème écologique soit résolu. Cette écologie fait reposer la réussite de la transition écologique sur la morale individuelle. Pour que l’humanité ait un avenir, il faudrait parvenir à convaincre chacun de ses membres d’adopter les bons gestes, les bons comportements d’achats, les bons modes alimentaires. Mais comme l’humanité n’est pas particulièrement vertueuse, on peut attendre longtemps avant que les hommes aient adopté cette attitude morale. Cette stratégie moraliste présente autant de risque d’échec qu’il y a d’individu sur terre. 

Même les plus spirituels d’entre nous, quoi qu’ils disent, sont pris dans des contradictions. Il ne suffit malheureusement pas de s’éveiller et d’aimer la nature de tout son cœur pour ne plus polluer, lorsqu’on fait partie d’un système.

Autant dire que nous aurons disparu avant d’être parvenus à atteindre la moindre perfection morale en matière d’écologie. La faiblesse morale de notre espèce débouche sur cinquante années d’échec en matière d’écologie, avec comme résultat le développement de thèses effondristes et la récente ascension médiatique de la collapsologie, qui marquent un coup d’arrêt à cette stratégie de solutionnement de la crise environnementale. Puisque presque personne n’arrive à cet idéal de perfection morale, c’est donc, pense-t-on, que notre espèce est perdue, par manque de sagesse. De là la montée d’un certain mépris de l’humanité dans les milieux écolos où les quelques individus étant parvenus à opérer leur transition morale s’exaspèrent d’attendre que les autres s’y mettent aussi. Mais de même que le sage demeure une exception dans l’humanité, malgré toutes les incitations de la religion, l’écologiste cohérent, celui qui a réduit sa consommation en toute chose, est voué à demeurer une minorité, malgré l’urgence et la gravité de l’enjeu, car le commun des mortels ne dispose pas de la force morale suffisante pour limiter son plaisir personnel immédiat pour le bien collectif futur.

III – La sagesse créative, une autre voie pour l’écologie, en phase avec la nature humaine

L’échec de l’écologie morale est-il l’échec de l’écologie en tant que telle ? Je ne dirai pas cela, car il existe une seconde sagesse au sein de l’humanité qui peut servir de fondement à une autre écologie, beaucoup plus efficace. Cette seconde sagesse, c’est la sagesse de la créativité. La sagesse de la créativité consiste, plutôt qu’à s’auto-limiter pour limiter le problème, à lui inventer une solution. Quand le sage moraliste enseigne au malade à moins manger et à maîtriser la souffrance en se détachant de son corps, le sage créatif lui, invente un remède qui bénéficiera à toute l’humanité.

C’est cette sagesse là qui meut le monde depuis la nuit des temps, bien plus que la morale qui, on le sait, n’est pas vraiment le génie de notre espèce. Si les sages moralistes de chaque époque peinent à convertir l’humanité à l’auto-restriction morale, ce n’est pas que l’humanité soit dépourvue de sagesse, mais c’est qu’elle s’adonne plutôt à une autre forme de sagesse, la sagesse de la créativité. Pendant que le sage moraliste pratique le renoncement pour se libérer des problèmes du monde, les hommes de ce monde prennent en charge la douleur du monde matériel et font preuve d’un amour réel envers leurs semblables en inventant toutes sortes de solutions concrètes qui leur rendent la vie meilleure. Ils créent, ils innovent, ils bâtissent et conquièrent des possibles. Les solutions ainsi inventées sont transmises aux générations futures, de sorte que l’humanité voit progressivement son sort s’améliorer grâce à l’apport cumulé de chaque génération. Et l’on voit toute la portée de cette sagesse créative, pourtant bien peu reconnue dans la sphère spirituelle. En effet la sagesse moraliste n’a conduit que quelques individus à la libération des chaînes de ce monde matériel à force de renoncement et de maîtrise de soi, tandis que la sagesse créative a conduit à l’émancipation collective d’une bonne partie de l’humanité par la transformation concrète de ce monde.  C’est donc cette sagesse là, et non celle de l’austérité heureuse, qui a rendu ce monde meilleur pour l’homme concrètement.

IV – Pour une  écologie non-coupable basée sur un diagnostic de succès

Que serait l’écologie si elle était mue par la sagesse de la créativité plutôt que par celle de la morale ? Je vous le donne en mille : cette écologie se libérerait de la culpabilité qui l’empêche de considérer le problème comme une opportunité. Sous l’angle créatif en effet, le problème du dérèglement climatique, n’est pas le résultat d’un péché, c’est une conséquence de la réussite créative de l’homme. C’est un problème à gérer, non une faute dont on devrait se sentir coupable. La crise écologique n’est pas le signe de l’échec de l’homme moderne mais celui de sa réussite. C’est cette réussite qui a permis de passer d’une humanité de quelques millions à une humanité de plusieurs milliards d’individus, nombre qui pose à présent de nombreux problèmes, pour la préservation de la biodiversité par exemple. C’est cette réussite qui a permis de repousser l’âge de la mort, le taux de mortalité infantile, la douleur de la maladie et la faim due aux famines, produisant ainsi une augmentation de la durée de vie qui n’a fait qu’accroître le niveau d’émissions moyen de chaque individu à l’échelle de sa vie. C’est cette réussite encore qui a permis d’augmenter considérablement la richesse expérientielle de la vie humaine, en nous rendant accessible un grand nombre d’objets, de services, d’expériences, de lieux, de rencontres, de pensées et de connaissances, et c’est toute cette richesse d’activités et d’expériences positives qui génère aujourd’hui des conséquences néfastes pour la planète par leurs externalités négatives. C’est cette réussite enfin qui a permis un accroissement considérable du niveau de vie des populations, engendrant par la même un niveau de pollution accru. 

Aujourd’hui, cette réussite tant quantitative que qualitative est parvenue à un tel niveau que ses externalités négatives, qui n’étaient pas un enjeu hier du fait de leurs faibles proportions, deviennent un problème urgent pour l’humanité. Le CO2 dégagé hier par quelques trains roulant au charbon, au début de la première ère industrielle, n’était pas un problème, étant donné le peu d’émissions globales de l’humanité en ce temps là. Mais aujourd’hui l’explosion d’activités dues aux progrès scientifique et technique a élevé les émissions globales à des niveaux supérieurs aux capacités d’absorption de la Terre. Le niveau d’évolution complexe que nous avons atteint suscite donc un nouveau niveau de problème, que nous devons résoudre. Il n’est pas question de faute, nous n’avons pas à nous sentir coupable d’avoir su augmenter la population humaine, d’avoir accru le niveau de vie des hommes ainsi que la durée et la richesse expérientielle de leur existence. Nous n’avons pas non plus à nous sentir coupable d’avoir inventé toute sorte de technologies fabuleuses (le frigidaire, l’avion, le lave linge, l’ordinateur, le  téléphone, la voiture, etc…). Nous n’avons pas commis de faute. Simplement, le niveau de réussite que nous avons atteint grâce à notre intelligence suscite à présent un nouveau niveau de risque pour l’humanité, et nous devons par conséquent apprendre à maîtriser ce risque en l’intégrant dans nos paramètres organisationnels. Nous sommes condamnés à évoluer. Si nous n’atteignons pas rapidement des niveaux plus avancés d’évolution technologique et culturelle intégrant le paramètre écologique, nous disparaîtrons, purement et simplement, car notre succès fait paradoxalement peser sur l’humanité une « menace existentielle directe », pour reprendre les mots d’Antonio Guterres, secrétaire général de l’ONU.

V – De l’écologie morale à l’écologie créative

Comment maîtriser ce nouveau risque ? Quelles modifications organisationnelles et comportementales devons-nous opérer pour éviter la catastrophe annoncée ? Face à ce nouvel enjeu, le logiciel moraliste voudrait que nous auto-limitions nos désirs afin de limiter nos émissions de CO2. Voici plus de cinquante ans que les sages éco-moralistes en appellent à la sobriété. Voilà plus de  cinquante ans qu’ils dénoncent l’hybris moderne et veulent la faire cesser. Et voilà plus de cinquante ans que le paradigme du « polluer moins par auto-restriction morale»  est un échec. Car pas plus qu’avant, l’humanité n’est capable d’une telle vertu. L’humanité est collectivement capable d’inventivité, pas de vertu. Car c’est la créativité et non la morale, qui fait le génie de notre espèce.

Quelque chose dans l’humanité la pousse à aller toujours de l’avant, elle ne saurait se freiner, revenir en arrière et annuler les acquis de son évolution. Il y a dans la proposition morale de l’écologie quelque chose de contre-nature pour notre espèce. Nous ne savons qu’aller de l’avant, nous ne savons pas rétrocéder. C’est inscrit dans nos gènes. Et c’est pourquoi, pas plus hier que demain les hommes n’accepteront de se freiner dans leur développement. Comme si quelque chose en l’homme le poussait malgré les injonctions à la modération, à poursuivre sa course infinie. Car l’humanité est une fuite en avant. Et vouloir arrêter cette fuite en avant, c’est vouloir arrêter l’humanité elle-même dans sa marche. Les problèmes générés par la fuite en avant de l’humanité ne doivent pas être résolus par l’arrêt de cette fuite en avant, mais par la construction de ponts qui permettent de la poursuivre.

Il serait donc temps de dresser le constat de l’échec du moralisme en matière d’écologie afin d’adopter la seule stratégie véritablement efficace, car adaptée à la nature profonde de notre espèce : l’approche créative. Ce n’est pas la morale qui sauvera l’humanité, mais sa créativité. Il ne s’agit pas ne limiter nos comportements individuels par notre force morale, il s’agit d’inventer des solutions à tous les niveaux par la force de notre ingéniosité.

Et cette dynamique a déjà commencé. Pendant que les médias sont focalisés sur quelques éco-moralistes de débat et quelques forces d’opposition qui manifestent contre le problème, les véritables génies de l’humanité, dont le nom est généralement ignorés de tous, font le vrai travail qui consiste à inventer des solutions concrètes. Ce sont des entrepreneurs, des ingénieurs, des scientifiques, ce sont des collectifs de chercheurs qui seront, demain, alliés à l’Intelligence Artificielle pour produire les solutions dont le monde a besoin. Cette dynamique de résilience créatrice est en réalité beaucoup plus importante que le système de valorisation médiatique ne le laisse deviner. Si, en matière d’écologie morale on pourrait effectivement croire que « tout le monde s’en fout » et que « personne ne fait rien », il est en revanche impossible de parvenir aux mêmes conclusions lorsqu’on considère les progrès de l’écologie créative. Car ici l’humanité répond, et c’est d’ailleurs là que se situe sa véritable réponse : dans toute la panoplie des énergies renouvelables qu’on ne cesse de perfectionner, dans les vastes entreprises de reforestation, dans l’évolution des transports vers l’hydrogène et l’électrique, dans les grands projets de nettoyage des océans, dans le secteur émergent de la capture et de la valorisation du carbone qui ne cesse d’inventer de nouveaux débouchés industriels au CO2 atmosphérique, dans les progrès de la fusion, dans les alternatives aux terres rares, dans la recherche en matière de désextinction, dans les progrès en matière de recyclage, dans le développement de nouvelles formes d’agriculture et les alternatives aux pesticides, dans les progrès de l’IA et de la robotique au service de l’environnement.

La réponse de l’humanité à la crise écologique est donc bien là, bien réelle. Ne pas reconnaître qu’il y a là une réponse conséquente, pertinente et efficace revient à faire preuve de déni. Car tous ces petits bouts de solutions mis bout-à-bout finissent par former un nouveau système, équilibré, sain et plus évolué. Évidemment, lorsqu’on a le regard focalisé sur l’absence de comportements moraux, on ne voit pas la présence de millions de créatifs à l’œuvre. Toute pathologie de la valorisation commence par une pathologie de la focalisation.

Cette écologie créative est là depuis le départ, dans l’ombre de l’écologie morale. Elle travaille en silence pendant que l’autre est sur tous les plateaux TV. L’une apporte des solutions quand l’autre dénonce le problème. L’une avance lentement mais sûrement quand l’autre fige l’humanité dans la culpabilité et l’impuissance. Il est temps que cette écologie créative prenne le pas sur l’écologie morale et pour cela, une révolution du système de valorisation est nécessaire. Le Courant Constructif montre la voie, en valorisant quotidiennement cette réalité d’une humanité résiliente quand la plupart des grands médias sont concentrés sur l’actualité du désastre.

VI – L’écologie créative comme nouvelle manière de penser les solutions

Le passage à l’écologie créative nous appelle à intégrer une toute nouvelle logique dans notre façon de penser les solutions à  la crise environnementale. Je distinguerai ici 5 schèmes de pensée essentiels à ce nouveau paradigme écologique.

1/ Le passage de l’échelle individuelle à l’échelle systémique

L’écologie morale est centrée sur l’échelle individuelle : elle invite les individus à modifier leurs comportements personnels en utilisant leur motivation morale individuelle. En écologie créative, les problèmes se résolvent au niveau systémique, par de grandes mutations de l’infrastructure collective (mutation du système énergétique, des matériaux, de la législation, des modes de transports et de production agricole, etc.).  Il s’agit de produire des solutions implémentables à grande échelle de façon à modifier l’infrastructure du système collectif. Ainsi, plutôt que d’inviter l’individu à se restreindre pour consommer moins d’énergie afin de consommer moins de pétrole de façon à  diminuer ses émissions, il s’agira de créer les solutions qui permettront une refondation du système énergétique collectif sur la base d’énergies non carbonées. Le problème étant résolu au niveau de l’infrastructure collective n’a plus à être résolu au niveau des individus qui relèvent de cette infrastructure pour leur consommation personnelle.

Le sens de l’engagement écologiste s’en trouve lui-aussi transformé. On passe ainsi d’une échelle d’action individuelle à une échelle collective systémique. Il ne s’agit plus de militer pour l’adoption de nouveaux comportements individuels, mais de faire sa part dans la transformation de l’infrastructure collective : par sa participation à la recherche et à l’innovation en faveur des nouvelles technologies, par son engagement dans des collectifs soutenant la transition infrastructurelle, par des choix de consommation qui favorisent l’essor de nouvelles solutions infrastructurelles (énergies renouvelables, CCU, etc), par la valorisation de l’information susceptible de favoriser cette évolution, par son implication citoyenne (vote, participation aux débats, manifestations, conquête du pouvoir, etc)…

2/ Le passage d’une approche ascendante (bottom-up) à une approche descendante (top-down)

L’écologie morale opère par le bas, en partant de l’individu, et tente de cumuler suffisamment d’invividus au comportement moral pour produire un changement d’ordre collectif. L’écologie créative résout pour sa part les problèmes par le haut, au niveau du système-même, de sorte que l’évolution créative de l’infrastructure du système a des retombée ensuite pour tous les individus.

3/ Le passage d’une logique soustractive à une logique évolutive

L’écologie morale consiste à diminuer, voir à supprimer l’usage des technologies responsables de la crise. On prendra moins l’avion, voir on ne le prendra plus du tout. De même qu’on mangera moins de viande ou qu’on n’en mangera plus du tout. Qu’on roulera moins en voiture ou qu’on passera carrément au vélo. Qu’on fera moins d’enfants voir plus du tout, etc. En écologie créative, il ne s’agit pas de supprimer l’objet du problème, mais de le faire évoluer de sorte qu’il ne produise plus le problème tout en conservant sa fonction. Ainsi, plutôt que de ne plus prendre l’avion, on produira des avions électriques ou volant au CO2, de même qu’on produira de la viande artificielle, ou encore des voitures pourvues de moteurs à hydrogène sans terres rares. Il s’agira d’inventer un système global à émissions nulles ou négatives dans lequel faire un enfant ne sera pas une source d’émissions supplémentaires. Bien au contraire, les enfants seront éduqués dans le respect et l’amour de la nature, et l’on veillera à ce que leur éducation développe leur potentiel de sorte qu’ils puissent à leur tour contribuer à l’humanité et à la résolution du problème écologique. Ainsi, si dans le cadre du paradigme moral du polluer-moins, faire un enfant est un acte intrinsèquement nuisible à la planète, il n’en va pas de même sous l’angle créatif, dans la mesure où l’enfant peut devenir à son tour créateur de solutions qui annuleront son empreinte écologique voir produiront une dépollution du système global réduisant l’empreinte carbone de tous les individus.

4/ Considérer le problème comme une opportunité

Il ne saurait y avoir de solution créative sans une capacité à considérer le problème autrement. L’écologie créative opère un retournement de situation à 180 degrés, en nous invitant à considérer le problème comme une opportunité. Le cas du CO2 est particulièrement parlant à cet égard. Alors que dans l’approche morale, le CO2 est vu comme un mal qu’il s’agit d’éliminer à la source en en produisant le moins possible, dans l’approche créative, il s’agit plutôt d’apprendre à utiliser ce CO2 de façon à en faire une nouvelle matière première. L’intérêt économique de cette nouvelle matière première incitera à puiser dans cette nouvelle ressource de manière massive, engendrant ainsi une dynamique vertueuse de dépollution de l’atmosphère terrestre. L’approche créative permet ainsi de concilier l’écologie et l’économie, là où l’approche morale ne permettait que de les opposer. Dans un tel paradigme il devient économiquement rentable de dépolluer l’atmosphère de sorte que l’écologie, libérée de la culpabilité, devient une véritable opportunité d’affaires pour les investisseurs et les entrepreneurs.

L’un des théoriciens de ce retournement conceptuel, Thierry Curty, insiste sur le fait que le CO2 est le pétrole du 21e siècle et qu’il s’agit de construire l’infrastructure qui permettra à l’humanité de se gaver littéralement de cette nouvelle ressource. On voit comment la logique créative transforme radicalement notre manière de penser les solutions, en nous faisant passer d’un freinage moral en amont à une voracité libidineuse en aval, une attitude qui, convenons-en, est bien plus adaptée à la nature humaine.

5/ Le passage du polluer moins à la dépollution

Le paradigme du polluer moins découle tout entier de l’approche morale de l’écologie qui fait de l’auto-restriction la forme même de la responsabilisation en matière écologique. L’écologie créative conduit pour sa part à une toute autre approche. Il ne s’agit plus ici de polluer un peu moins l’environnement, mais de carrément le dépolluer. C’est le propre de la créativité que de rendre possible un tel tournant, dans la mesure où la dépollution repose entièrement sur des procédés ingénieux faisant appel à nos connaissances techniques et scientifiques. La morale est intrinsèquement limitée au polluer moins, elle ne peut, par ses ressources propres, faire mieux que cela. Le mieux qu’elle puisse faire est d’imposer une moindre pollution au niveau collectif en passant par la loi. Seule la créativité peut permettre de dépasser les limites intrinsèques du polluer moins pour nous faire entrer dans des dynamiques d’émissions négatives dépolluantes. Le principe de dépollution s’incarne dans une vaste palette de procédés allant de la reforestation au nettoyage des océans, à la régénération des sols et de la biodiversité appuyée sur les forces de résilience de la nature,  ainsi qu’au déploiement d’une industrie mondiale de la dépollution alliant les usines de capture du CO2 et du méthane atmosphérique à des entreprises de valorisations de ces mêmes gaz.

La dépollution est le cœur du nouveau paradigme écologique. Elle est en elle-même une nouvelle manière de penser les solutions, et force est de constater qu’au stade actuel de dégradation du climat elle est à présent la seule stratégie capable de résoudre le problème à une échelle suffisante. Comme l’explique parfaitement Thierry Curty : polluer moins, c’est polluer quand même et polluer quand même, c’est mourir quand même. Or nous ne voulons pas mourir un peu plus lentement, nous voulons survivre et poursuivre notre évolution, et pour y parvenir, la seule possibilité est de passer à une stratégie de dépollution.

 

Conclusion : Pour une mobilisation constructive mondiale fondée sur la responsabilité créative

En guise de conclusion j’aimerais mettre en garde contre une mauvaise interprétation possible de mon propos. La critique de l’écologie morale ne doit bien évidemment pas être entendue comme une invitation à des comportements écologiquement irresponsables, comme si, sous prétexte de solutions créatives, nous pouvions laisser libre cours à nos penchants les plus grossiers et destructeurs envers la nature. Que les individus adoptent des comportements écologiquement moraux est une bonne chose, et l’attitude morale est complémentaire de l’attitude créative. Nous sommes d’ailleurs,  au Courant Constructif, favorables à des systèmes de taxes et d’impôts dissuasifs sur l’empreinte carbone des produits et des individus, permettant de valoriser les produits et modes de vie écologiquement responsables au sens d’un polluer-moins.

Mais force est de constater qu’à l’échelle planétaire les comportements moraux en matière d’écologie restent minoritaires, notamment si l’on tient compte des habitudes désastreuses des populations du tiers monde.

Et quand bien même ce genre de comportements moraux deviendraient demain majoritaires sur l’ensemble de la planète, ils ne suffiraient pas à eux seuls à enrayer le dérèglement climatique, puisqu’en polluant moins, on pollue encore trop. L’écologie morale ne saurait par conséquent être invoquée comme une solution efficace et suffisante. Elle peut au mieux s’additionner de façon complémentaire à l’écologie créative qui est la seule approche capable de produire des dynamiques de dépollution à grande échelle et par conséquent d’inverser les courbes du réchauffement climatique, pas seulement de les ralentir.

Dans cette perspective, la solution n’est pas de stimuler la volonté morale des individus, mais de rendre l’individu écologiquement cohérent malgré lui, grâce à la transformation des infrastructures collectives auxquelles il a recours en tant que consommateur. Il faut arriver au point où l’individu n’aura d’autre choix que de recourir quotidiennement à des solutions écologiques, de sorte que l’écologie ne soit plus pour lui un choix, mais un environnement infrastructurel inévitable. Il faut faire en sorte qu’il n’y ait plus besoin d’être écologiste pour l’être. Il s’agit de rendre les individus passivement moraux en aval en transformant activement l’environnement infrastructurel auquel ils ont recours en amont, de sorte que même s’ils ne font pas l’effort d’être écolos, ils ne pollueront quand même pas, car l’infrastructure qu’ils utiliseront pour leurs activités sera, elle, écologique. 

Loin de moi l’intention, en critiquant l’écologie morale, de libérer les individus de tout sérieux et de toute responsabilité, mais j’en appelle à une responsabilité créative, plus qu’à une responsabilité morale. J’estime personnellement que nous ne sommes pas à la hauteur de notre responsabilité, non pas au sens où nous ne serions pas assez moraux mais au sens où, face à l’ampleur, de cet enjeu, nous n’avons pas mobilisé à la hauteur où nous le devrions toutes les ressources créatrices de l’humanité. Quelles sont ces ressources ? Il y en a 5 : notre temps, notre énergie, notre argent, notre pensée et notre communication. Ce sont les 5 ressources que nous devons mobiliser dans le cadre de la mobilisation constructive mondiale. Ce sont ces 5 ressources que nous devons mettre en commun pour oeuvrer,  comme une seule espèce, à la résolution des problèmes qui nous menacent d’extinction. Actuellement, cette mobilisation constructive des ressources créatrices de l’humanité est encore bien trop faible. Il n’y a par exemple qu’une poignée d’entreprises engagées pour développer toute l’infrastructure de la capture du carbone. Cela est inacceptable. Des millions de personnes devraient être mobilisées pour développer les technologies CCU et les mettre à l’échelle de toute urgence. La pauvreté des ressources engagées induit une lenteur dans le développement de ces technologies, que l’on finit par être tentés d’écarter, prétextant qu’elles ne seront pas prêtes à temps. Nous devons au contraire construire tout un terreau culturel favorable et stimulant pour l’essor de ces nouvelles technologies. Ce soutien culturel doit ensuite favoriser l’investissement politique et financier en leur faveur, ce qui accélérera en retour leur vitesse de développement. Car la vitesse de développement d’une technologie est proportionnelle à la quantité de ressources engagées. En investissant de trop faibles ressources, nous risquons d’arriver à une situation horriblement absurde dans laquelle l’humanité, bien que disposant des solutions pour résoudre la crise environnementale, aurait malgré tout échoué, parce qu’elle aurait trop tardé pour les développer et les mettre à l’échelle. C’est pour éviter une telle absurdité que nous devons de toute urgence enclencher la dynamique de l’écologie créative et mobiliser toutes les ressources disponibles dans le cadre d’une collaboration constructive mondiale focalisée sur les solutions.

C’est dans cette perspective que le Courant Constructif propose la création d’une Organisation Mondiale de la Recherche en matière de Solutions à la Crise Environnementale (WORSEC), ainsi qu’un Fond International pour les Solutions à la Crise Environnementale (IFSEC), assurant le financement de cette recherche unifiée ainsi que la mise à l’échelle accélérée des solutions parvenues à maturité. Nous pensons que les grands sommets mondiaux ne doivent pas seulement être ceux des dirigeants politiques, car ce ne sont pas eux qui font véritablement l’histoire de notre espèce, mais bien les grands génies qui sont la gloire de notre humanité. Nous devons organiser des rencontres mondiales réunissant les génies de ce monde : chercheurs, scientifiques, penseurs, entrepreneurs, financiers… Nous devons faire travailler les meilleurs cerveaux de l’humanité en intelligence collective de façon à produire des solutions en commun. C’est tout l’enjeu d’une grande mobilisation constructive des ressources créatives de l’humanité. A situation exceptionnelle, réponse exceptionnelle. Il en va du destin de notre espèce et avec elle de toute l’évolution terrestre.

Satyavir, pour Courant Constructif

Pour une vision constructive de l’avenir – par Thierry Curty

Thierry Curty

Le réchauffement climatique pourrait menacer l’avenir de l’humanité, ce ne sera pas le cas. C’est le cas aujourd’hui avec la trajectoire politique, mais elle va changer. Et le réchauffement climatique est la plus formidable opportunité économique de l’Histoire de l’Humanité, à plus d’un titre. Non seulement il va imposer un effort industriel colossal, en dizaines de milliers de milliards, avec un potentiel de rentabilité gigantesque, mais en plus, universel. Pour la première fois de l’Histoire toute l’Humanité se retrouve confrontée à un problème face auquel elle est condamnée à s’unir, de même ordre de grandeur que ce que l’on peut voir dans les films de science-fiction avec une invasion extra-terrestre mondiale. La fin de l’énergie fossile signe l’émergence d’une nouvelle énergie humaine, et pas seulement pour pédaler sur son vélo cargo.

Pour la première fois de l’Histoire toutes les populations, sans exception, sont concernées par le même problème, la même menace définitive. Pas forcément les mêmes conséquences, mais systémiquement de la même origine avec la même réponse pour tous. Les premiers réflexes sociaux sont les velléités de renfermement sur soi, le retour du populisme avec le protectionnisme, l’isolationnisme avec un regain de frontières dans un ultime conditionnement reptilien de repli sur soi. Mais la négation du problème ne pourra que le rendre plus prégnant et passé cet épisode, une fois la raison restaurée, l’humanité intégrera l’idée de coopération, tout simplement pour continuer d’exister.

Les flux financiers sont en pleine réorientation et dans cette décennie, la plus importante de l’Histoire de l’Humanité, il va se passer des choses incommensurables qui nous promettent une hausse du PIB d’au moins 5% d’ici 2050, avec un chiffre d’affaires déjà connu de 700’000 milliards. La menace n’a jamais été aussi complexe ni d’une telle ampleur, mais la formidable croissance du 20ème siècle, responsable du problème, a fait que jamais les possibilités n’ont été si considérables. De fait, le 21ème siècle, loin d’un siècle de privations et d’austérité sera un siècle d’opulence pour tous. La transition écologique sera source d’une colossale création de richesse néguentropique. L’anthropie du 20ème siècle est la richesse du 21ème siècle. Ce qui est la source du problème aujourd’hui est la solution de demain.

L’Humanité va souffrir comme jamais elle n’a souffert dans toute son Histoire. Il y aura des famines, des canicules, des cataclysmes. La mondialisation se retrouve stoppée dans son élan, par la volonté des mieux lotis de ne pas permettre à ceux qui le sont moins d’accéder à leur niveau de vie pour assurer un avenir à l’humanité. Il était question de faire en sorte que tous bénéficient du progrès, que tout le monde accède au niveau de vie le plus élevé. Et aujourd’hui il s’avère que cela ne semble pas possible. Il y aura des tensions, parce que ce sont ceux qui ne sont responsables de rien qui souffriront le plus et le reprocheront aux responsables. Mais ce n’est que le système productif actuel qui contredit la mondialisation, c’est une question de technologie, d’industrie. Le temps de la conscience universelle des possibilités et dans quelques décennies les choses ce seront apaisées sous les efforts communs de l’évolution du paysage économique. Après ces changements imposés par les éléments, jamais l’Humanité n’aura été aussi soudée. Ce qui aujourd’hui contraint le processus de mondialisation sera là aussi, contre-intuitivement, la cause de son accomplissement. La peur de l’avenir en raison de l’inconscience des possibilités induit la jalousie du Nord sur le Sud. La conscience des possibilités accélérera l’élévation du Sud, sinon par humanisme, par intérêt, puisqu’ils sont les futurs marchés du Nord. Elever le Sud est l’avenir du Nord.

Cette conscience des possibilités, naissante aujourd’hui, fera naître une industrie puissante au sein d’une nouvelle dynamique socio-économique reposant sur un paradigme systémique entièrement renouvelé, plus respectueux de l’environnement, mais aussi de l’humain et source de prospérité confortable. D’ici la fin du siècle, la Terre sera dépolluée, le taux de CO2 sera plus faible qu’avant la révolution industrielle. L’Humanité sera débarrassée de la contrainte du travail. Le capitalisme relèvera de l’Histoire. L’énergie sera illimitée, propre et gratuite. Et sous ces nouveaux paramètres, le monde aura un fonctionnement très très différent de ce qu’il est aujourd’hui.

On n’en perçoit pas encore forcément les conséquences, mais le changement est là, il est en cours, profond, à tous les niveaux, sur tous les territoires. Il est massif, déterminé, même si tout le monde ne s’est pas encore entendu sur les voies à suivre. Chaque individu songe à son action et installe des panneaux solaires sur son toit qui alimente sa voiture électrique qui lui sert de source d’énergie. Chaque entreprise cherche à produire son énergie propre, à remplacer ses gobelets de machine à café, à disposer de véhicules électriques, à optimiser ses process. Dans la finance, désormais chaque investissement prend en compte l’incidence écologique, parce que de polluer coûte cher et compromet la rentabilité alors on va chercher la rentabilité dans l’investissement vert. Ainsi, ce sont des milliers de milliards qui quittent chaque année les secteurs polluants pour entrer dans les secteurs dépolluants, de plus en plus de milliers de milliards chaque année avec une population progressivement de plus en plus sensible à la cause et finalement de plus en plus coopérative pour s’assurer un avenir.

Thierry Curty