La semaine de 3 jours…

Peut-être ne connaissez-vous pas la proposition de Carlos Slim, l’un des hommes les plus riches du monde?

Une alternative dont les points essentiels me séduisent au plus haut point.

Imaginez-vous dans une société similaire à celle-ci, mais différente, où la retraite est à 55 ans, partageant d’un coup les heures de travail hebdomadaires que tout le monde appelle de ses vœux à réduire. Au lieu de réduire le temps de travail de quelques heures par semaine, au moment de la retraite c’est 7 ans d’heures de travail qui sont redonnées d’un coup, libérant de l’emploi pour la jeunesse.
Imaginez-vous dans cette société où ceux qui occupaient des emplois bidons en ont été libérés, pour contribuer dynamiquement à l’économie pour les uns ou pour profiter d’une autre répartition du travail pour les autres. Un système où vous travailleriez 10 heures, 3 jours d’affilée… et vous voilà libre le restant de la semaine ! Une retraite plus tôt, des emplois pour les jeunes, du temps libre pour les salariés… et tout ça dans un environnement contributif favorable à l’épanouissement personnel, avec un revenu de base garanti, un système économique participatif et démocratique puissant.
Et ça, c’est le concept de Courant Constructif ! Ce n’est pas un rêve, c’est une systémique puissante, démocratique, équilibrée, libérale, humaniste, qui ne contrevient ni à la richesse personnelle, ni à l’activité économique, ni au travail. Personne ne peut y trouver à redire, sauf par pure idéologie de principe.

La semaine de 32 heures

Des tests sont faits dans différents pays, comme la Suède, avec la semaine de 32 heures ou même de 30 heures et certains y sont depuis longtemps, comme l’Australie.

Pour le salarié, c’est toujours mieux que 35 ou 39 ou 48 comme au Mexique, pays de Carlos Slim. Le travail semble faire tellement le bonheur que la société se bat pour lui et refuse d’admettre qu’il disparaisse et lorsqu’il est là, elle se bat pour travailler le moins possible.

…C’est peut-être ça le bonheur?

En tous les cas, d’un point de vue du patron, la semaine de 32 heures, en 4 jours, outre le fait que ça grève un peu plus la compétitivité, c’est une gageure à gérer. Soit l’entreprise travaille moins longtemps chaque jour, comme si elle travaillait déjà suffisamment, soit elle travaille 4 jours par semaine. Si le patron veut travailler normalement 5 jours par semaine, il faut jongler avec des équipes, entre RTT, congés, vacances, sureffectif et sous-effectif.

La semaine de 30 heures

La semaine de 33 heures de Carlos Slim est plus intéressante, sa vision propose trois journées de 11 heures de travail… puis le reste de la semaine est libre. Libre pour contribuer à l’économie, pour la transition sociétale, pour participer à la démocratie. Plus contemporain serait de lui préférer trois journées de 10 heures pour une semaine de 30 heures, mais le principe reste valable.

D’un point de vue du salarié, trois jours, c’est vite passé, même avec une vie de famille, c’est plus facile à organiser qu’une demie-heure tampon chaque jour. Il lui restera ensuite 4 jours pour vivre avec sa famille sans contrainte.

D’un point de vue du patron, c’est royal, son entreprise est ouverte bien plus longtemps chaque jour, plus tôt et plus tard et le travail se fait sur six jours par semaine au lieu de 5 en deux équipes. Et ce sans prétérite de laisser librement les salariés occupant chaque fonction de s’échanger leurs jours de travail s’ils le souhaitent.

Ainsi, la perte de compétitivité due à la réduction du temps de travail et donc la hausse de la pression salariale est directement compensée par le gain de productivité de l’entreprise.

Le point discutable de la vision de Carlos Slim

Sa vision de l’espérance de vie qui augmente et doit donc augmenter la durée de vie active est malheureusement un peu archaïque. C’est vrai, l’âge de la retraite a été fixé en conséquence de l’espérance de vie. Mais s’il faut travailler 75 ans parce que nous vivons jusqu’à 90 ans, faudra-t-il travailler jusqu’à 130 ans lorsque nous aurons une espérance de vie de 150 ans, comme je l’explique dans mon article sur la retraite à 55 ans ?

Il est vrai que Carlos Slim parle d’automatiser les tâches de production pour rendre le travail beaucoup moins pénible, ce qui rend plus plausible sa proposition qui n’a rien d’inhumaine. De lui-même il propose de retarder l’âge de la retraite facultativement pour améliorer la condition des seniors tout en permettant à l’entreprise de conserver aussi longtemps que possible les avantages de leur expérience au sein de l’entreprise.

La proposition de la semaine de 33 heures n’entre de facto pas en contradiction avec la retraite à 55 ans, qui offrirait le choix : soit vous en profitez pour enfin faire votre vie après avoir fait celle d’un autre, soit vous négociez de nouvelles conditions avec votre entreprise, par exemple un travail partiel, plus tranquille, pour améliorer l’ordinaire et la faire bénéficier de votre expérience si elle le souhaite.

Voilà une proposition qui a le mérite de préciser le concept même de retraite à 55 ans sans compromettre son idée de base, consistant à offrir l’autonomie à chacun plus tôt pour fournir une nouvelle masse active dynamique à l’économie tout en offrant de bien meilleures conditions de vie.

Et vous, qu’en pensez-vous ? Seriez-vous prêts à travailler trois jours un peu plus longtemps dans une fonction aussi automatisée que possible avant d’avoir 4 jours devant vous pour votre épanouissement personnel ?

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Auteur/autrice : Thierry Curty

Designer sociétal, fondateur de Renouveau Sociétal, inventeur d’un concept économique et sociétal, co-fondateur de Courant Constructif, auteur, Fervent contemplateur de l’Humanité. De convictions profondes et à l’esprit libre. Passionné d’Économie, de Sociologie, d’Écologie, dans une vision holistique, l’épistémologie est le moteur de ma réflexion, source de ma conviction. Je soutiens la transition sociétale, inéluctable à terme, préalable incontournable des grandes transitions, écologique, énergétique, agrobiologique, qui en sont ses corollaires, et tente de l’expliquer et la dédramatiser, de faire passer le message que loin d’être une fin elle est un nouveau commencement, une solution aux problèmes que nous rencontrons aujourd’hui. Inéluctable, mais aussi nécessaire et souhaitable, confortable pour tous.

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