La légende des deux loups : une philosophie pour notre temps

« Votre esprit est comme un verre vide. Il accueillera tout ce que vous lui donnerez. Vous mettez les derniers potins, les gros titres des magazines à scandale, les émissions de téléréalité, et vous êtes en train de verser de l’eau sale dans votre verre. (…) Toutes ces mauvaises nouvelles télévisées et diffusées à la radio à propos de meurtres, complots, décès, crise économique et affrontements politiques génèrent votre processus de réflexion, ce qui génère vos souhaits, ce qui génère votre créativité. Mauvaise nouvelle! Mais, tout comme un verre sale, si vous le rincez avec de l’eau claire sous le robinet assez longtemps, vous finirez par avoir un verre d’eau clair et pur. Qu’est-ce que de l’eau claire? Des données et des idées positives, stimulantes et soutenues. Des histoires qui inspirent, des personnes qui malgré les difficultés surmontent les obstacles et réalisent de grandes choses. Stratégies de succès, prospérité, santé, amour et joie. Des idées pour créer plus d’abondance, pour grandir, se développer et devenir meilleur. Des exemples et des histoires de ce qui est bien, vrai et possible dans le monde.»
Darren Hardy, Effectuez la transition

 

Il ne vous aura pas échappé que nous avons fait du loup blanc le symbole de notre mouvement. Ce symbole renvoie à la légende des deux loups. La légende des deux loups est au Courant Constructif ce que la légende du Colibri a pu être au mouvement Colibri: une petite histoire qui résume de manière allégorique l’essence d’un mouvement, sa philosophie, son état d’esprit fondamental.

Voici l’histoire en question:

« Un soir, un vieil indien Cherokee raconta à son petit-fils l’histoire de la bataille intérieure qui existe en chacun de nous. Il lui parla ainsi:

Mon fils, il y a une bataille entre deux loups à l’intérieur de nous tous.

L’un est mauvais : c’est la colère, la haine, la méchanceté, la brutalité, l’indifférence,  la jalousie, la tristesse, la peur, l’avidité, l’arrogance, le mensonge et l’égo.

L’autre est bon : c’est la joie, la paix, l’amour, l’espoir, la douceur, la gratitude, la sérénité, la bienveillance, l’empathie, la générosité, la vérité et l’humilité. »

Le petit fils songea à cette histoire pendant un instant, puis demanda à son grand-père :

“Lequel des deux loups gagne ?”

Le vieux Cherokee répondit simplement :  Celui que tu nourris. »

Pourquoi cette petite histoire nous parle tant? Que dit-elle de notre mouvement? Qu’enseigne-t-elle de si précieux pour notre époque?

Les philosophes ont longtemps débattu pour savoir si l’homme était un être bon ou mauvais par nature. Certains, comme Rousseau, affirment que l’homme est naturellement bon, tandis que d’autres, comme Hobbes, pensent que l’état de nature de l’homme est plus manifestement un état de guerre de tous contre tous où “l’homme est un loup pour l’homme”. La légende des deux loups nous enseigne pour sa part qu’il y a dans l’humanité le meilleur comme le pire. Le point de vue adopté ici n’est ni optimiste, ni pessimiste, mais bien constructif, en ce sens que l’on commence par reconnaître la complexité du réel dans son ensemble de manière non-binaire. La question n’est pas de savoir si l’homme est un être bon ou mauvais. La question est de savoir quelle part en lui nous voulons nourrir.

Le message est aussi simple que profond. La légende des deux loups enseigne que c’est la manière dont nous nourrissons notre esprit qui décide, en dernière instance, de l’issue de la bataille qui se joue en chacun de nous ainsi que dans le monde entre forces de destruction et forces constructives. La destinée de l’humanité est autrement dit suspendue à un choix valorisationnel: de quoi choisissons-nous de nourrir au quotidien cet esprit qui fait la singularité de notre espèce?

Nourrir son esprit, cela la commence par l’information que nous mettons chaque jour dans nos têtes. Que nourrissent les médias et de quels médias nous nourrissons-nous ? Quelles informations valorisons-nous collectivement par nos Unes, nos partages, nos conversations et nos likes ? Souhaitons-nous utiliser notre pouvoir de valorisation pour donner de la valeur à ce qu’il y a de pire en l’homme ? Ou pour encourager ce qu’il y a de bon en lui ?

Les médias dominants bombardent chaque jour nos esprits de violence, de bêtise et de destruction. Au Courant Constructif nous avons fait le choix inverse : nous valorisons ceux qui rendent ce monde meilleur, nous mettons en avant les génies, nous partageons les inventions qui résolvent les problèmes du monde, nous mettons l’intelligence et la bonté qui est en l’homme à l’honneur.

Nous avons cette idée, peut-être un peu folle, qu’en valorisant le génie de l’homme plutôt que sa bêtise, nous créerons un climat inspirant qui produira une émulation collective et tirera tout le monde vers le haut. Créer une culture constructive où chacun aura envie de participer à l’amélioration de ce monde, c’est cela, le sens profond de notre mouvement.

Et dans les temps qui courent l’enjeu valorisationnel est tout à fait primordial. Les années qui viennent vont être décisives à cet égard: allons-nous nous contenter de référencer passivement l’actualité d’un monde qui s’effondre ou nous engagerons-nous activement dans la valorisation du monde qui émerge de façons à en répandre l’inspiration et à le rendre de plus en plus manifeste ?

Une chose est sûre: l’issue de cette crise dépend entièrement de ce que nous choisirons de nourrir, individuellement et collectivement. Nous pouvons aussi bien disparaître sous la violence de notre penchant auto-destructeur survalorisé que nous envoler vers des cimes d’évolution exponentielle si nous faisons évoluer notre système de valorisation.

– Satyavir Colibri

 

La nature de l’homme selon Rousseau et Hobbes

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