# 💚🌳🌴🌲 PANORAMA DE LA REFORESTATION EN COURS DE LA PLANÈTE 🌳🌴🌲💚

Nous assistons à un véritable élan mondial de reforestation, signe que l’humanité répond à la crise écologique. Les arbres ainsi plantés stockent le carbone, abritent la biodiversité, rafraichissent l’atmosphère, produisent de l’oxygène. Ils jouent également, par leur transpiration, un rôle crucial dans la formation des nuages et des pluies, tout en limitant l’évaporation des eaux capillaires par la couverture des sols.

Petit panorama de ce gigantesque élan mondial de reforestation :

 

# 32 milliards d’arbres plantés par des drones : le défi de Lauren Fletcher
# Depuis 20 ans, ce couple reboise une forêt brésilienne avec 2 millions d’arbres plantés
# 2 millions d’arbres plantés avec Reforest’Action !
Les mini-forêts, une solution révolutionnaire vue par Shubhendu Sharma
# PLANTONS POUR LA PLANETE – FONDATION YVES ROCHER
# Inde. 66 millions d’arbres plantés en 12 h, un record
# Déjà 3 millions d’arbres plantés en France !
# Au Pakistan, des centaines de millions d’arbres plantés contre la déforestation
Des arbres transgéniques pour sauver les forêts ? L’idée germe mais peine à pousser
La Chine construit la première ville forêt au monde
# Le Pakistan veut planter 10 milliards d’arbres en 5 ans
# Ecosia, le moteur de recherche écolo qui a déjà planté 50 millions d’arbres
# En Chine, 60.000 soldats chargés de planter une «muraille verte»
# La Chine fait appel à son armée pour planter 80 000 km² d’arbres et lutter contre la pollution de l’air
# Grande muraille verte (Chine)
# Un homme brésilien plante 4 millions de jeunes arbres en 20 ans pour reboiser son ranch de plus de 600 hectares
# Bonne nouvelle, la planète reverdit
# Un photographe brésilien a planté 2, 5 millions d’arbres pour la reforestation de l’Amazonie
# Australie : objectif d’un milliard d’arbres plantés d’ici 2050
# «La forêt Trump» : 1 million d’arbres contre le président américain
# DroneSeed replante des arbres grâce aux drones
# Des milliards d’arbres plantés grâce à l’initiative d’un Allemand de 18 ans
# Des bénévoles plantent 200.000 arbres en une heure
# À 18 ans, il plante des milliards d’arbres pour sauver la planète
# Afrique, pendant 30 ans, un homme a planté des arbres pour arrêter le désert
# La Nouvelle-Zélande va planter 100 millions d’arbres par an
# L’Ethiopie va planter 4 milliards d’arbres pour lutter contre la déforestation
# En Ethiopie, des millions d’arbres plantés
# Afrique, pendant 30 ans, un homme a planté des arbres pour arrêter le désert
# Le paysan qui arrête le désert avec ses arbres
# 14 milliards d’arbres plantés grâce à cette simple idée
# Ces drones peuvent planter 100 000 arbres par jour
# Seed Bomb : une solution surprenante pour planter des arbres
# Philippines: 3,2 millions d’arbres ont été plantés en une heure
# Malgré leurs handicaps ces deux amis ont planté 10.000 arbres
# Inde : cet ancien ingénieur de Toyota quitte tout pour planter 85 forets dans 6 pays
# La Colombie va planter 8 millions d’arbres pour la paix
# L’Inde prévoit de planter 2 milliards d’arbres, l’effet que cela aura est incroyable
# Philippines : tous les étudiants devront planter 10 arbres pour valider leur diplôme
# L’Équateur plante plus de 600.000 arbres en 24 heures et bat un record de reforestation
# Nantes : ils font pousser des micro-forêts 100 fois plus riches en biodiversité
# Cet homme a planté seul une foret plus grande que Central Park
# Reboisement des Landes : 50 000 nouveaux arbres plantés
# Le pouvoir des arbres. Forum Economique Mondial
# Une “Déclaration des droits de l’arbre” bientôt intégrée dans la loi ?
# Ces drones peuvent plan­ter 400 000 arbres par jour en tirant des missiles de graines
# Pourquoi les Ethiopiens souhaitent planter quatre milliards d’arbres en six mois
# 350 millions d’arbres plantés en 12 heures, le peu vraisemblable record éthiopien
# La Norvège va payer le Gabon pour ne pas déforester: “une récompense”
# L’Irlande veut planter 440 millions d’arbres d’ici 2040
# En 10 ans, il a planté 152 millions d’arbres dans la mangrove sénégalaise

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Les nouveaux matériaux: quand l’IA ouvre des horizons de découvertes exponentielles

Chaque nouveau stade d’évolution de l’humanité se caractérise, dans son pan extérieur, par la découverte de nouveaux matériaux. D’abord les hommes maîtrisèrent le feu, le bois et la pierre, puis ils découvrirent les métaux à travers une série d’ères dont nous avons aujourd’hui perdu la mémoire mais qui furent autant d’étapes importantes dans l’histoire de notre espèce: âge de cuivre, âge de bronze, âge de fer… La modernité apporta elle aussi ses propres matériaux: le plastique, le ciment, le goudron, le caoutchouc…

Chaque ère apporte ainsi son lot de matériaux caractéristiques, correspondant au niveau de connaissance atteint par l’humanité en cette phase. Les progrès de la connaissance permettent la découverte de nouveaux matériaux qui restructurent l’habitation humaine sur la terre en une nouvelle infrastructure historique.

1/ De nouveaux matériaux propres à l’économie de la connaissance

Si chaque nouvelle ère se caractérise par un apport de nouveaux matériaux, la multiplication actuelle des découvertes de matériaux innovants serait-elle le signe annonciateur d’une nouvelle ère en train d’apparaître? Nous sommes bel et bien engagés dans un processus de transition évolutive entre deux ères, et dans cet entre deux émergent de nouveaux matériaux qui composeront demain la nouvelle infrastructure des sociétés humaines.

La liste de ces nouveaux matériaux aux propriétés étonnantes ne cesse de s’allonger d’année en année: fibre de carbone, graphène, graphane, borophène, pérovskite, germanène, stanène, phosphorène, braeön, silicène… Tous ces matériaux sont le fruit d’un haut niveau de connaissance humaine. Ils forment la matière-même de cette économie de la connaissance qui s’apprête à déployer son potentiel d’évolution exponentielle.

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Fibre de Carbone:

Borophène:

Volleyballène:

Fullerènes:

Phosphorène:

Graphane:

Gremanène:

Graphène:

Silicène:

Stanène:

Pérovskite:

Braeön:

Mais parce que nous sommes focalisés sur l’épuisement des ressources de l’ère précédente, parce que nous prenons les limitations de notre pensée pour les limites de notre monde, nous n’avons pas encore remarqué que nous sommes en pleine effervescence de découvertes matérielles. Nous voyons les ressources qui disparaissent, sans prêter attention à celles qui, au même moment, apparaissent. Encore une fois, l’arbre qui tombe fait plus de bruit que la forêt qui pousse…

 

2/ L’alliance de la recherche et du machine learning ouvre un horizon de découvertes infinies

La vérité, c’est que les découvertes matérielles de la nouvelle ère ne font que commencer. Dans les années à venir, les progrès de l’Intelligence Artificielle vont démultiplier notre capacité à faire des découvertes ainsi que la vitesse à laquelle nous les faisons. C’est une véritable révolution silencieuse qui est en train de s’opérer dans le champ de la connaissance : avec l’IA, nous sommes tout simplement en train de réinventer la manière dont nous inventons. Jusqu’ici les découvertes étaient le fait de tatonnements intuitifs, théoriques et empiriques de quelques chercheurs humains. Mais demain, avec le Data Mining et le Machine Learning, le processus de découverte sera transféré progressivement à la machine et se verra largement automatisé. Grâce au Machine Learning, l’IA sera capable de sortir quantité de découvertes et d’inventions brevetables dans tous les domaines. Nous allons tout bonnement automatiser le processus de découverte scientifique. Science fiction? En réalité cette dynamique a déjà commencé. L’IA a déjà inventé un sport, un vaccin,  découvert de nouvelles planètes…  Et nous sommes déjà en train de créer les systèmes de Deep Learning qui permettront demain l’invention de nouveaux médicaments. 

    • Voir à ce sujet:
3/ Le Machine Learning permettra l’invention de nombreux matériaux innovants

La recherche en matière de nouveaux matériaux s’apprête elle aussi à être révolutionnée par l’IA. Dans ce domaine aussi, nous nous apprêtons à automatiser la recherche. La rencontre du Machine Learning et de la science des matériaux va permettre une accélération considérable des découvertes de matériaux innovants, avec des conséquences pour tous les secteurs: transports, énergie, communication, conquête spatiale, écologie, architecture…

    • Voir à ce sujet:

Le Machine Learning appliqué à la recherche de matériaux ouvre ainsi la voie à une nouvelle vague de découvertes matérielles.  Cette vague historique de nouvelles découvertes est en elle-même un signe significatif que nous entrons dans une nouvelle ère, tout nouveau stade d’évolution humaine étant marqué par l’utilisation de nouveaux matériaux.

 

4/ Avec les NBIC, l’innovation devient exponentielle

Mais cette vague de découverte n’a pas encore connu son apogée. Bien au contraire, nous ne sommes qu’aux pieds d’une gigantesque exponentielle de découvertes qui s’apprête à prendre son envol. Comme l’a parfaitement montré le futurologue de Google, Ray Kurzweil, la loi de Moore, relative au caractère exponentiel du développement de l’informatique, doit à présent être élargie à l’ensemble des technologies NBIC (dont l’IA fait partie), car toutes ces technologies présentent une courbe de développement exponentiel.

Mais si le développement des technologies NBIC est exponentiel, les découvertes scientifiques qui résulteront de leur utilisation dans le domaine de la recherche le seront tout autant. C’est ce que stipule la loi du retour accéléré théorisée par Ray Kurzweil: dans la mesure où la recherche scientifique s’est alliée dernièrement aux technologies NBIC, sous la forme notamment du Machine Learning, elle va connaître elle-même un développement exponentiel  parallèle au développement exponentiel de ces technologies. Comme l’affirme Vincent Pinte Deregnaucourt, spécialiste de l’Intelligence Artificielle: “L’utilisation de technologies dont la croissance est exponentielle, permet, lorsqu’elle est le moyen d’étude d’un sujet, de faire progresser la connaissance de ledit sujet de façon également exponentielle.” (1) Nous passons ainsi d’un rythme de découverte linéaire basé sur le tâtonnement intuitif de l’homme à un rythme exponentiel basé sur le développement exponentiel des technologies de recherche. Certes, l’homme ne disparaît pas en tant que penseur, conscience, créateur, théoricien, analyste, génie intuitif et visionnaire, mais il délègue une partie de l’innovation à la machine dont les capacités supérieures en terme de traitement des données lui permettent une augmentation de sa propre créativité naturelle.

Au vu des données prospectives, on peut donc raisonnablement penser que le développement exponentiel de l’IA et du Machine Learning va produire une croissance exponentielle du nombre de découvertes, d’innovations, d’inventions, de brevets et de solutions, et ce dans tous les domaines, à commencer par ceux qui nous préoccupent le plus: l’énergie et l’écologie.

    • Voir à ce sujet:

 

Conclusion :

La multiplication actuelle des découvertes de nouveaux matériaux indique que nous sommes dans la phase d’émergence d’un nouveau stade civilisationnel. La période que nous vivons est comparable en cela à la phase d’émergence d’autres grandes ères historiques telles que l’âge de fer ou la modernité. Ces périodes sont extrêmement rares dans l’histoire. Nous vivons en cela une période tout à fait exceptionnelle et passionnante.

La prospective nous permet aujourd’hui de comprendre que nous ne sommes qu’au début de cette nouvelle vague d’innovation. Le nouveau paradigme de la recherche scientifique basée sur le Data Mining et le Machine Learning se prépare à faire exploser le nombre de découvertes matérielles. C’est un tournant fondamental dans la connaissance humaine que nous nous apprêtons à vivre. Et ce tournant n’est pas sans conséquence sur notre capacité à trouver des solutions aux problèmes que suscite le niveau de complexité que nous avons atteint en terme de civilisation. Si l’IA est exponentielle, nous devons nous attendre à ce qu’à l’avenir les solutions le soient aussi.

Le Courant Constructif doit donc se préparer à la valorisation de cette nouvelle vague de solutions issue des progrès de l’Intelligence Artificielle et du Machine Learning. Cela commence par favoriser la réémergence d’une culture favorable à la science, au progrès et à la technologie, de sorte qu’on ne soit pas, demain, envahis et bloqués par les tenants d’un traditionalisme fasciste ou écologiste, lesquels s’apprêtent à rejeter les solutions de demain par pur blocage idéologique réactionnaire et technophobe. Nous devons au contraire faire valoir une écologie positive, constructive, créative, scientifique, technologique et orientée évolution.

À cela nous devrons ajouter une bonne dose de pédagogie, car l’Intelligence Artificielle semble encore difficile d’accès et paraît trop abstraite et utopique pour avoir un quelconque rapport avec nos problèmes concrets. Bien sûr,  rien n’est moins vrai: les effets du développement de l’IA sont si concrets que nous allons même, grâce à elle, transformer toute l’infrastructure matérielle de nos sociétés sur la base de matériaux innovants qu’elle aura permis de découvrir. Les nouveaux matériaux nés du Machine Learning nous aideront à résoudre la problématique écologique et énergétique, et nous devons nous attendre à ce qu’émergent de puissantes solutions par ce biais-là.

Restons attentifs à ce qui naît, c’est là que se trouvent les solutions aux problèmes générés par ce qui disparaît.

 

Satyavir

 

(1) Laurent Alexandre, Vincent Pinte Deregnaucourt: Loi du retour accéléré : la théorie vertigineuse du futurologue de Google qui n’a jamais eu tort, atlantico.fr

 

 

 

COLLAPSOLOGIE ET COURANT ÉVOLUTIONNAIRE: UNE MISE À JOUR S’IMPOSE

Après plusieurs mois de recherches en prospective, j’entrevois pour notre avenir une possibilité réaliste autre que celle de l’effondrement. Je considère la collapsologie comme une réflexion incontournable aujourd’hui pour tout penseur digne de ce nom. Mais en tant qu’évolutionnaire, ce n’est pas la thèse que je défendrai dorénavant.
En théorie du chaos, il y a deux possibilités lorsqu’un système se met à osciller: collapse ou breakthrough, soit un effondrement à un niveau de stabilité antérieur ou une émergence à un niveau de stabilité supérieur. La collapsologie parie sur la première de ces possibilités. La prospective me conduit aujourd’hui à développer un espoir réaliste en faveur de la seconde.

 

Je m’inscris en faux contre l’idée, développée par Pablo Servigne et Raphaël Stevens dans Comment tout peut s’effondrer, selon laquelle la crise systémique que nous traversons devrait être pensée comme un “predicament” (soit un problème sans solution, quelque chose d’insurmontable, menant à un effondrement qu’il s’agirait purement et simplement d’accepter). Voici les extraits en question :

 

« Il est intéressant de constater que le vocabulaire francophone n’a que le mot “problème” pour désigner une situation très difficile (les synonymes sont plus faibles). Chacun sait que, lorsqu’on a un problème, on analyse la situation, on cherche une solution (souvent technique), et on l’applique, ce qui fait disparaître le problème. Comme une crise, le problème est d’ordre ponctuel et réversible. Mais la langue anglaise possède un mot de plus, « predicament », qui décrit mieux l’idée d’effondrement. Un predicament désigne une situation inextricable, irréversible et complexe, pour laquelle il n’y a pas de solutions, mais juste des mesures pour s’y adapter. Il en est ainsi des maladies incurables qui, à défaut de “solutions”, obligent à emprunter des chemins – pas toujours faciles – qui permettent de vivre avec. Face à un predicament, il y a des choses à faire, mais il n’y a pas de solutions. »

 

« En fait, il n’y a même pas de “solutions” à chercher à notre situation inextricable (predicament), il y a juste des chemins à emprunter pour s’adapter à notre nouvelle réalité. »

 

Pablo Servigne et Raphaël Stevens, Comment tout peut s’effondrer

 

Il est vrai que le réchauffement climatique, la disparition de la biodiversité, l’instabilité du système financier international ou encore la lente diminution des énergies fossiles sur lesquelles repose tout le système moderne forment ensemble le contexte le plus challengeant que l’humanité ait jamais eu à affronter. Et il peut être tentant, face à un tel contexte, de baisser les bras et de se dire qu’il n’y a pas d’issue, qu’il va falloir s’adapter à un effondrement désormais inéluctable, et que tout est déjà joué. Mais je crois qu’avant d’affirmer qu’il n’y a pas de solution à un problème, on devrait se donner la peine de chercher un peu. Et même beaucoup! Car je ne pense pas qu’il y ait de problème sans solution, il y a seulement des problèmes dont on n’a pas encore trouvé la solution. Je ne pense pas, par exemple, pour reprendre l’exemple de Servigne & Stevens, qu’il y ait des maladies incurables, il y a seulement des maladies dont on n’a pas encore trouvé le traitement. Un peu de prospective sur les progrès en cours de la médecine nous apprend d’ailleurs que bien des maladies actuellement incurables seront facilement traitées d’ici quelques décennies et que même la mort pourrait bien ne pas être autant un predicament que nous ne le pensions!
Je ne pense pas avoir particulièrement de problème de déni lorsque je refuse un tel fatalisme: j’ai suivi toutes les étapes du deuil collapsologique, jusqu’à entrer en résilience et à donner moi-même une conférence sur le sujet à la Maison des évolutionnaires. Simplement mes recherches récentes m’ont conduit à découvrir des informations qui, mises bout à bout, m’ont fait entrevoir une autre possibilité. Je présenterai ces informations le moment venu, quand mes recherches seront suffisamment avancées. Pour le moment je veux seulement vous faire part avec force de ma croyance que, face aux crises de ce monde, des solutions existent, et que celles qui n’existent pas encore PEUVENT être inventées. Et pour cette raison, je refuse de faire mien le fatalisme adapatif de la collapsologie.
Le problème que nous rencontrons n’est pas lié à des limites physiques, il est lié aux limites actuelles de notre créativité. La créativité est le facteur oublié dans les calculs des collapsologues. Or, nous vivons l’époque la plus créative de notre histoire. Le nombre de génies actuellement vivants sur cette planète est sans précédent et la créativité connaît actuellement un développement exponentiel qui n’en est qu’à ses débuts. C’est elle, le véritable moteur de l’anthropocène.
Je dis que la créativité peut encore nous surprendre. À mon sens, il ne s’agit pas de se préparer à un effondrement inéluctable, mais plutôt de mobiliser la créativité humaine en vue d’inventer les solutions constitutives d’un nouveau paradigme. De nombreux signaux faibles sont déjà là, qui présentent un potentiel véritable, bien que très peu valorisés. Et je ne vous parle pas de quelques éoliennes ni des villes en transition vers la traction animale, qui représentent plus un retour anticipé à un état de stabilité pré-moderne qu’une véritable évolution postmoderne.

 

Nous n’avons pas besoin de moins d’énergie, nous avons besoin de plus d’énergie. Nous avons besoin d’inventer une nouvelle forme d’énergie, abondante ET écologique, car notre niveau d’évolution est corrélé à notre niveau de consommation d’énergie, et nous n’atteindrons pas le prochain stade de l’évolution culturelle sans un bond créatif en terme d’énergie. Une réduction de notre consommation d’énergie nous ferait immanquablement régresser à des niveaux culturels pré-modernes.

 

De même, nous n’avons pas tant besoin de réduire nos émissions de CO2 que de savoir transformer le CO2 atmosphérique en matériaux disponibles pour la production. Nous commençons à savoir le faire, et nous allons continuer de nous améliorer dans ce domaine, inversant ainsi le cours du changement climatique.
Le visage de ce que serait un véritable breakthrough ne peut être entrevu qu’en sortant de l’opposition stérile entre écologie et technologie, spiritualité et science réelle. Il ne s’agit ni d’appuyer la fuite dans des spiritualités déconnectées du réel ni de croire que la solution se trouve nécessairement à l’opposé de notre monde, dans un retour à la nature dépouillé de toute technologie. Ces deux tendances, trop souvent rencontrées dans le milieu créatif culturel, sont généralement le fait de psychologies peu matures, voir instables. Elles jouent certes un rôle pour contrebalancer les excès d’une modernité elle-même peu mature et de plus en plus folle. Mais la solution ne saurait être trouvée ni dans la cause du problème ni dans l’opposé de la cause, qui lui est encore rattachée négativement. Nous devons évoluer au-delà de cette pensée binaire qui nous enferme si nous voulons entrevoir un horizon de création nouvelle.
L’écologie n’est pas une question de volonté, c’est une question de créativité. Nous avons besoin d’un courant de pensée qui invite l’humanité à focaliser ses ressources en temps, en énergie, en argent et en pensées sur une résolution créative de la crise systémique. Face à la montée des traditionalismes en tout genre, face à l’expansion de ce modernisme (auto-)destructeur qui triomphe sur toute la planète, il est plus que temps de valoriser la voie postmoderne et de soutenir les solutions en cours d’émergence.
Le temps n’est pas à l’adaptation, le temps est à la création. Le réalisme implique de considérer la puissance de la créativité humaine. Je doute que ce paramètre ait été pris en compte dans les modèles du Club de Rome. C’est pourquoi je préfère aujourd’hui l’attitude constructive d’un Gunter Pauli à la position adaptative d’un Dennis Meadows. Les pessimistes oublient de prendre en compte l’énergie constructive dans leurs calculs réalistes. L’imprévisibilité de la créativité humaine ne se laisse pas facilement dompter par nos calculs déterministes.
Pour ma part, je fais aujourd’hui le choix d’une écologie évolutionnaire, constructive et créative, loin du tournant collapsologique actuel des milieux écologistes. La gravité du problème écologique peut être reconnue avec lucidité et dans toute son ampleur sans pour autant conduire à l’abandon a priori de toute recherche de solutions. Je suis même persuadé que ce problème existe précisément pour nous apprendre à passer à un niveau supérieur dans notre évolution culturelle. À l’échelle individuelle comme à l’échelle collective, les problèmes surviennent pour nous pousser à évoluer, non pour nous en empêcher. À nous de voir si nous sommes prêts à relever le défis avec courage, intelligence et détermination. Pour ma part, je ne passerai pas les prochaines années à me préparer à l’effondrement. Je les passerai plutôt à valoriser les solutions émergeantes et à faire souffler dans le monde un grand vent d’évolution constructive.
Satyavir

 

PS : Pour les chercheurs qui comprendraient et partageraient cette position, j’ai créé un Groupe de Recherche sur le Nouveau Paradigme, car je crois au pouvoir de l’intelligence collective. Vous pouvez me contacter par mail si cela vous intéresse : satyavir.colibri@gmail.com.